L'Unef -Paris 8 s'abstient sur le vote du budget de l'Université

Publié le par UNEF-PARIS 8

Vendredi 15 décembre le Conseil d'Administration a adopté le budget de l'Université. L'Unef s'abstient pour protester contre la dotation insuffisante de l'Etat.

 

Budget 2007 :  Le Gouvernement sacrifie l'éducation !

Le Ministre en décalage par rapport à la situation des étudiants

 

M. De Robien a assuré hier sa conférence de presse de rentrée, en présentant les grands objectifs du Ministère ainsi que le projet de budget 2007. Excellent disciple de la méthode Coué, il a réussi à prétendre, tout en supprimant 7100 postes dans l’éducation nationale, que « L'enseignement et la recherche sont bien la priorité du Gouvernement. ». Les mesures annoncées oscillent entre gadget et incantations. Après 1 an et demi au Ministère, le bilan du Ministre approche le zéro : les étudiants n’ont toujours pas vu leur situation s’améliorer, au contraire, elle a été marquée par une augmentation sans précédent du coût de la vie étudiante, à travers l’augmentation des dépenses obligatoires (logement, Resto U, …) et des frais d’inscriptions illégaux.

Des promesses non tenues dans le supérieur

Alors que le chef de l’Etat s’était engagé à créer 3000 postes pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche par an, le Ministre annonce la création de 2000 postes grâce à un tour de passe-passe, s’appuyant sur le redéploiement de 400 postes. Ainsi, seuls 1597 seront créés en 2007 et la parole de l’Etat est encore une fois remise en cause.

Le milliard d’euros supplémentaire promis pour la recherche n’est pas au rendez-vous. Le budget enseignement supérieur recherche n’augmente que de 3,2%, soit 700 millions, consacrés à hauteur de 600 millions au financement sur projet via l’Agence Nationale de la Recherche et aux crédits d’impôts aux entreprises. Ainsi, le financement de fonctionnement des laboratoires et des universités ne sera pas augmenté, et, sera, du fait de l’inflation, plus faible eu euros constants alors que le financement de l’Agence Nationale de la Recherche augmente de 40%. Les difficultés budgétaires des universités seront encore amplifiées, du fait notamment de l’augmentation des dépenses liées à la construction et à la réhabilitation de locaux, et de l’augmentation de l’offre de formation.
Le financement de l’enseignement supérieur repose chaque année toujours plus sur les étudiants, avec des frais d’inscription qui augmentent plus vite (+ 4,9% cette année) que le financement de l’Etat. Pire, l’Etat ferme les yeux sur les pratiques illégales et généralisées des universités, qui, face au désengagement de l’Etat, pratiquent de façon toujours plus importante les frais d’inscriptions illégaux.

Aucune mesure sociale pour les étudiants

Alors que tous les indicateurs démontrent que leur pouvoir d’achat des étudiants a chuté depuis 5 ans, le Ministre réussit le tour de force de prétendre que la situation des étudiants s’améliore alors qu’aucune mesure sociale n’a été mise en place. Les quelques 3% d’étudiants pouvant prétendre à ALINE ne l’ont toujours pas touchée, et nous savons déjà que, comme depuis 3 ans, il manque 25 millions d’euros au budget de 2006 pour que les bourses de décembre soient versées aux étudiants.

2007, année inutile ?

Le Ministre a tenté de mettre en avant son bilan, cependant, force est de constater qu’il est proche de zéro. Alors qu’il s’agissait une réponse attendue suite aux mobilisations contre le CPE, les consultations autour du rapport Wauquiez sur l’accompagnement social des étudiants piétinent et celles autour du rapport Hetzel sur le lien université emploi n’ont toujours pas commencé. Quant aux mesures déjà mises en place, elles relèvent du gadget, à l’image du « portail étudiant », ou de l’imposture, comme la prétendue démocratisation des classes préparatoires. Pourtant, les étudiants refusent d’être pris en otage dans le débat présidentiel et attendent des mesures fortes pour que 2007 soit une année utile.

 

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