RAPPORT FINAL DE LA COMMISSION DU DEBAT NATIONAL UNIVERSITE-EMPLOI

Publié le par UNEF-PARIS 8

Lire le rapport Hetzel

Ce que propose l'Unef sur l'orientation

Des propositions au mieux inutiles, au pire dangereuses

 

La commission HEZTEL a remis son rapport hier au premier Ministre sur le lien université emploi. Force est de constater qu’aujourd’hui encore, malgré leur forte implication, les attentes des étudiants n’ont pas été entendues, puisque la commission ne propose que des mesures anecdotiques, voire dangereuses.

Des mesures non financées

Le rapport reprend quelques unes des propositions de l’UNEF, comme la généralisation en licence des modules de projet personnel et professionnel, l’accès prioritaire des bacheliers professionnels et technologiques aux IUT et BTS, ou encore les rendez-vous d’orientations systématiques au lycée. Cependant, ces mesures ne sont pas chiffrées, et le Projet de Loi de Finances 2007 ne prévoit rien en ce sens, sauf de supprimer encore des postes de conseillers d’orientation.

Des mesures qui ne répondent pas à la crise

Les sujets clés ne sont que très peu abordés dans le rapport. Ainsi, l’échec dans le premier cycle universitaire est abordé uniquement sous le prisme de l’orientation. Or, pour l’essentiel, cet échec est d’abord lié à un problème d’encadrement et de suivi pédagogique, et à l’absence de transition entre le secondaire et le supérieur. De plus, pas un mot encore sur la nécessaire réglementation des stages, aucune mesure pour répondre aux dysfonctionnements du LMD ou développer la pluridisciplinarité, rien sur la situation sociale des étudiants.

Orienter ne signifie pas sélectionner

Le rapport HETZEL s’inscrit dans une vision malthusienne de l’enseignement supérieur, et propose à plusieurs reprises de renforcer les barrières sélectives. Le rapport reprend à son compte la proposition du Ministre de l’enseignement supérieur – ce qui peut amener à s’interroger sur l’indépendance de la commission – de préinscription des lycéens. Outre qu’elle ne résoudra pas les problèmes d’orientation, cette disposition peut permettre aux universités de réguler leurs flux en décourageant des lycéens. Nous pensons que c’est aux conseillers d’orientation d’aiguiller les lycéens et de piloter la procédure, et pas aux établissements.
Pire, le rapport HETZEL propose de sélectionner les étudiants à l’entrée du Master, alors que la suppression de la sélection entre le M1 et le M2 suffirait à en faire un bloc homogène. Quant à la proposition d’instaurer une année de césure entre le L et le M, elle renforcerait la rupture entre les deux cycles, et rallongerait les études sans offrir aux étudiants qualification ou financement supplémentaire, tout en permettant aux entreprises de bénéficier de stagiaires bon marché pendant un an.

Des mesures dangereuses

Le rapport HETZEL développe une vision de la professionnalisation qui n’est pas la notre, cherchant à mettre en adéquation les formations aux besoins du marché du travail. Non seulement une telle planification est impossible, mais elle est dangereuse car elle oublie que les jeunes diplômés seront amenés à changer plusieurs fois d’emploi au cours de leur vie professionnelle. Nous sommes ainsi opposés à toute révision de la procédure d’habilitation qui viserait à permettre aux professionnels de définir directement le contenu des diplômes. De même, le fait de financer les universités en fonction de leur taux d’insertion professionnelle créerait une profonde inégalité entre les établissements et les disciplines, et ferait de l’université la première responsable du chômage, alors que c’est d’abord la conjoncture économique, le bassin d’emploi et la structure de l’emploi dans la filière qui le détermine.

Nous demandons au gouvernement d’ouvrir d’urgence des négociations sur d’autres bases à partir des propositions que les étudiants formulent depuis 6 mois.

La dépêche AFP sur la réaction de Bruno Julliard



 

 

Publié dans Actualité de l'UNEF

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