RENTREE UNIVERSITAIRE MOROSE POUR ETUDIANTS SANS LE SOU

Publié le par UNEF-PARIS 8

L'UNEF DANS LES MEDIAS
DEPECHE AFP
 
 
Après la victoire sur le CPE, des universités sans le sou et des étudiants en situation de plus en plus précaire effectuent une rentrée morose avec le sentiment d'être rendus seuls responsables des difficultés d'insertion professionnelle des jeunes.
 
 
"L'ouverture de négociations sur la situation sociale des étudiants avait été largement posée pendant la crise du CPE: le gouvernement ne répond pas du tout à nos attentes sur ce point", explique Bruno Julliard, président de l'Unef et leader du mouvement contre le Contrat de première embauche (CPE). Selon lui, rien ne sera débattu "avant l'élection présidentielle".
 
"On demande plus de justice, on se retrouve avec "Aline" !", renchérit une étudiante. Cette allocation logement s'adresse aux 80.000 étudiants boursiers quittant pour la première fois le domicile familial et demeure la seule mesure annoncée par le gouvernement pour améliorer la vie des étudiants.
 
 
Ceux-ci sont pourtant de plus en plus pauvres. Leur principale organisation, l'Unef, insiste sur "une baisse de pouvoir d'achat jamais observée".
 
La colocation, les supermarchés discount, un emploi salarié à mi-temps ou le report d'une consultation médicale pallient autant que possible, parfois au détriment de leur réussite, des besoins criants.
 
 
Parallèlement, l'OCDE a encore vivement critiqué en septembre l'insuffisance de l'investissement français dans son enseignement supérieur (1,3% du PIB contre 2,9 aux Etats-Unis). Les universités paraissent en effet les parents pauvres du système éducatif alors qu'elles sont dans le même temps plus que jamais montrées du doigt pour l'inadapation de leurs formations au marché de l'emploi.
 
 
Premier responsable de la conférence des présidents d'université, Yannick Vallée, attend d'ailleurs "des chiffres" pour enrayer les déficits croissants de nombre des 84 universités françaises. "Il faut qu'on s'améliore, les problèmes existent mais ils sont liés assez largement à des problèmes de moyens", rappelle-t-il.
 
 
Malgré un rapport Wauquiez prônant une réforme du mode d'attribution des bourses déjà tombé dans l'oubli, tous les acteurs de l'université fondent beaucoup d'espoirs dans la remise, au mois d'octobre, du rapport de la commission Hetzel Université-emploi, installée en urgence au lendemain de la crise du CPE.
 
 
Sans illusion sur une année électorale qui "ne verra pas beaucoup de réformes", Yannick Vallée prône cependant "un vrai débat sur l'orientation des étudiants". "Il faut entraîner les étudiants à s'inscrire dans ce qui marche bien mais il faut aussi faire en sorte que nos diplômes soient regardés correctement par les industriels", avance-t-il.
 
 
"Si le service rendu à l'université est moins bien que dans les grandes écoles (dont les diplômés ne connaissent pas le chômage, ndlr), c'est bien que nous n'avons pas le même financement", a argumenté le responsable.
 
 
Quant à Bruno Julliard de l'Unef, il rappelle que pour les étudiants, "un diplôme n'est plus un passeport vers un emploi stable" et s'agace qu'on renvoie toujours à la seule université la responsabilité des difficultés d'insertion professionnelles des jeunes.
"La vraie question, c'est pourquoi les chefs d'entreprise ont une vision très négative des diplômes universitaires", assure-t-il, "l'entreprise et le monde du travail ont aussi des efforts à faire pour améliorer le passage de l'université à l'emploi".

© 2006 AFP

Publié dans ACTUALITE

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thimele 07/10/2006 17:40

C'est scandaleux la manière dont sont traités les étudiants, français ou étrangers. Ils sont la société de demain, ils devraient une priorité!Une société qui ne donne pas à ses enfants les moyens nécessaires à l'éducation et à la formation est une société qui se meurt...