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Vendredi 29 septembre 5 29 /09 /Sep 13:50
Dépêche AFP
 
 
Pour donner l'exemple, la France, moteur de la Francophonie, devrait commencer par mieux accueillir les dizaines de milliers d'étudiants étrangers venus apprendre sur son sol, jugent certains d'entre eux en décrivant leur "galère" quotidienne.
 
 
"Pour les étudiants européens du programme Erasmus, il n'y a pas de problème. Ils sont prioritaires. Mais pour nous, c'est vraiment la galère", explique à l'AFP la Mexicaine Adriana Ortega, 26 ans, étudiante en Histoire à la prestigieuse université de la Sorbonne, à Paris.
 
 
"Pour venir en France, il faut d'abord savoir parler la langue alors que dans d'autres pays (comme la Suède), on peut suivre des cours de langue en parallèle des études choisies", regrette cette jeune fille au français parfait.
 
 
De fait, explique-t-on au ministère de l'Education, l'entrée en premier cycle à l'université requiert "un niveau minimal de connaissance" du français validé par diplôme. Ce niveau "va être abaissé sous peu", ajoute-t-on, admettant implicitement qu'il est élevé. Mais, souligne-t-on, les universités font de plus en plus d'efforts pour accompagner les étudiants.
 
 
Reste que "pour les visas étudiants, c'est compliqué, car on nous demande des justificatifs de ressources pour toute la durée du séjour -- environ 450 euros par mois-- et un certificat de logement d'une personne résidant en France", regrette Tseegui, étudiante mongole de 23 ans. "En plus, le visa étudiant ne donne pas le droit de travailler ou très peu pour subvenir à nos besoins", dit-elle.
 
 
Une fois en France avec un visa temporaire, commence alors une longue marche pour obtenir une carte de séjour étudiant, ponctuée de rendez-vous multiples et des files d'attente de plusieurs heures dans les préfectures. Avec au bout du compte "un visa à la tête du client", ou un retour au pays d'origine, témoignent en choeur les étudiants interrogés.
 
 
Ils reconnaissent toutefois que ce visa d'études est "plus facile à obtenir en France qu'aux Etats-Unis". Et surtout, une fois le français acquis, les cursus universitaires sont quasiment gratuits, ce qui n'est pas le cas des études américaines ou anglaises.
 
 
Alors certains s'accrochent et tentent de s'y retrouver dans les écoles privées enseignant la langue de la terre d'accueil -bien moins nombreuses en France qu'en Grande-Bretagne-, que le ministère des Affaires étrangères souhaite contrôler avec une "charte de qualité".
 
 
Quant au logement, "c'est la débrouille avec la famille ou les amis", résument le Chinois Ye Yonglai ou la Turque Asli Hazal Serefoglu.
 
 
Le syndicat étudiant Unef a réclamé à la rentrée de septembre "des mesures d'urgence sociales" pour les étudiants étrangers, jugeant que leurs "conditions de vie et d'études se dégradent de manière dramatique".
 
 
"L'apprentissage du français à l'étranger est bien fait. Mais là où on est mauvais, c'est en France. C'est typique de ce pays, qui ne réalise pas la richesse de la francophonie", estime le chercheur Dominique Wolton, membre du haut conseil de la Francophonie.
 
 
La France accueille plus de 265.000 étudiants étrangers dont la moitié d'Afrique francophone.
Une note confidentielle publiée en 2005 prônant des quotas d'étudiants étrangers avait fait scandale en pleine polémique sur la politique d'immigration "choisie" du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.
 
 
"La France terre d'accueil est en train de changer", regrette Adriana Ortega. "Même moi qui suis parfaitement intégrée, je n'ai pas d'espoir de trouver un travail ici". Son doctorat d'Histoire une fois en poche, elle compte repartir au Mexique... avec son petit ami français.

© 2006 AFP

Par UNEF-PARIS 8 - Publié dans : ACTUALITE
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