1936 : LE FRONT POPULAIRE

Publié le par UNEF-PARIS 8

Article daté de juin 2006
La montée du fascime      
  
            Dans les années 30, l'Europe voit se développer des idées fascisantes, qui prennent en France la forme de mouvements antiparlementaristes (Croix de feu, Jeunesses patriotes, l'Action française). C'est dans ce contexte-là que va se faire l'union de la Gauche qui aboutira en Juin 1936 à la prise de pouvoir d'un gouvernement de Front populaire.
L'union anti-fasciste
             
            Tout commence le 6 Février 1934. Une grande manifestation antifasciste est organisée à l'initiative du Parti Communiste et sera sévèrement réprimée, faisant 17 morts et 2329 blessés. Le sentiment que seule une union de la Gauche pourra sauvegarder la République grandit dans les esprits socialistes et communistes. La manifestation parisienne du 12 Février, qui voit se rejoindre les cortèges du PC et de la SFIO, est la première action unitaire pour les libertés républicaines.
 
La naissance du Front Populaire
            Le 14 juillet 1935, 1 million de personnes se réunissent à Paris pour manifester. Léon Blum pour la SFIO, Maurice Thorez pour le PC, Daladier pour les Radicaux, ainsi que les principaux leaders syndicaux défilent en tête du cortège. Le comité unitaire se transforme alors en Comité national de rassemblement populaire qui donne lieu le 9 Janvier 1936 à la signature d'un Programme de rassemblement populaire. Le mouvement antifasciste prend alors un tournant et devient plus politique. Le mouvement ne se cantonne plus à la défense de la République et de ses valeurs et le Programme va bien au-delà de la dissolution des Ligues et des mouvements fascistes. On aborde alors des questions plus syndicales comme de la semaine de 40 heures, les congés payés mais aussi la relance de la consommation populaire etc. 
Le Front Populaire au pouvoir
            Les élections du 3 mai 1936 donnent une large majorité à la Gauche. La « Ceinture rouge », que forment les municipalités socialistes et communistes autour de Paris, se renforce. Léon Blum est porté à la tête du gouvernement de Front Populaire composé de ministres socialistes et radicaux, soutenu par les communistes. Mais Blum doit attendre un mois avant d'accèser au pouvoir. Fin Mai, des grèves et des occupations d'usines se mettent en place ; en Juin, elles se sont étendues à tout le pays. Le 4 Juin, Blum s'installe à Matignon, la France compte 4 millions de grévistes. L'investiture de Blum ne ralentit pas le mouvement et le patronat demande donc la tenue d'une table ronde pour engager des négociations avec la CGT le 7 Juin. « Ils ont lâché sur tout ! ». Cette petite phrase prononcée par un syndicaliste à la sortie des négociations résume bien les acquis historiques qu'a obtenut le mouvement social de 1936 : la semaine de 40 heures sans réduction de salaire, les congés payés, les conventions collectives, une augmentation des salaires de 12%, la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans, l'assurance sociale, la liberté et la reconnaissance syndicale, la prise de contrôle par l'Etat de la Banque de France etc.
La désillusion
            Mais Blum, qui, le 6 Février, avait déclaré dans Le Populaire « mettant la légalité bourgeoise en vacances, nous instaurerons la dictature du prolétariat » n'a pas, et de loin, tenu toutes ses promesses.Et un mois après le vote des lois, les grèves et les occupations ne cessent pas et le mouvement s'amplifie. Les socialistes et les communistes tentent d'endiguer le mouvement qu'ils voient comme un mouvement contre le gouvernement de Front populaire. Seuls quelques-uns dénonceront la timidité gouvernementale. Marceau Pivert, à la gauche de la SFIO, déclare le 27 Mai dans Le Populaire, « Tout est possible ». Gitton, PC, le lendemain répond dans l'Humanité, « Non tout n'est pas possible ». Phrase qui sera reprise par Maurice Thorez, Secrétaire Général du PCF, le 11 Juin lors d'une réunion de militants communistes, « Il faut savoir terminer une grève [...] consentir au compromis [...] tout n'est pas possible ». C'est avec ces mots que le gouvernement de Front populaire sonne le glas de la révolte sociale, d'un front populaire de la base qui n'aspirait qu'à « changer la vie ».
LECTURE CONSEILLEE : Front Populaire, révolution manquée, Daniel Guérin [L'auteur raconte son parcours de militant des année 30, à son entrée dans la SFIO, à la seconde guerre mondiale]
           

Publié dans Culture militante

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