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PARIS (Reuters) - La nouvelle allocation d'installation étudiante ne compensera pas une baisse du pouvoir d'achat qui s'est accentuée depuis cinq ans, affirme l'Unef en réclamant un "plan social étudiant".
Depuis 2002, les dépenses des étudiants ont augmenté de 23% alors que, dans le même temps, les aides ont augmenté de 10%, selon une étude du syndicat étudiant présentée lundi.
L'Unef, qui bénéficie de la plus large audience auprès des étudiants, estime que 100.000 étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté.
"Cette année, un étudiant qui perçoit le maximum d'aides aura un pouvoir d'achat diminué de 110 euros", a affirmé son président Bruno Julliard, lors d'une conférence de presse.
"C'est une revendication forte depuis cinq ans. Nous demandons aujourd'hui un plan social étudiant", a-t-il ajouté.
Un plan social étudiant avait été établi sous le gouvernement Jospin entre 1998 et 2001 pour créer ou renforcer diverses mesures d'aides financières destinées aux étudiants, comme la carte Imagin'R pour diminuer les frais de transport des Franciliens.
Selon les résultats de son enquête, l'Unef estime à 90 millions d'euros la perte de pouvoir d'achat des étudiants boursiers depuis 2002, à euros constants.
Depuis 2002, selon l'Unef, les dépenses obligatoires (comme les frais d'inscription universitaire et la cotisation au régime étudiant de Sécurité sociale) ont augmenté quatre fois plus que les aides allouées.
Pour la rentrée 2006, les étudiants sont ainsi confrontés à une hausse globale de leurs dépenses obligatoires de 4,3% par rapport à la rentrée 2005, "nettement supérieure à l'inflation, estimée à 1,9% pour l'année 2006".
LE LOGEMENT, PREMIER POSTE BUDGÉTAIRE
Parallèlement, les aides sont globalement revalorisées de 2,8%, principalement grâce à la hausse de l'aide au logement.
L'Unef relève aussi une "augmentation sensible" des loyers étudiants, très forte en province (+4,88%), plus mesurée dans la région parisienne (+2,2%).
"Le logement reste le premier poste budgétaire chez les étudiants et il est très souvent source de difficultés financières", insiste l'Unef.
Le Premier ministre Dominique de Villepin a annoncé la semaine dernière l'octroi d'une allocation d'installation étudiante (Aline) de 300 euros pour 80.000 étudiants boursiers qui font leur première demande d'aide au logement.
Au coeur du malaise étudiant exprimé lors de la crise du contrat première embauche (CPE), "on trouve surtout le vécu d'une précarité croissante et inévitable", estime l'Unef. "Le gouvernement n'en a toujours pas tiré les leçons."
Après le CPE, "nous avons eu des contacts avec le gouvernement et nous avions l'espoir d'obtenir entre 70 et 90 millions d'euros" pour la rentrée universitaire, a déclaré Bruno Julliard. "Nous héritons d'une mesurette à 24 millions d'euros."
Quelque 500.000 étudiants sont boursiers en France, sur un total de 2,2 millions.
Selon l'Unef, le système d'aide sociale actuel "ne permet pas de faire face aux besoins des étudiants pour pouvoir étudier dans de bonnes conditions".
"Plus de 47% des étudiants sont obligés de travailler pour financer leurs études", selon l'étude. Parmi ceux-ci, "38% travaillent pour compléter une bourse insuffisante".
"Les étudiants salariés ont un taux d'échec universitaire de 40% supérieur à la moyenne", relève aussi le syndicat. "Chaque année, plus de 20% des étudiants mettent fin à leurs études pour des raisons financières."
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